Des projets rentables sur papier, difficiles à livrer : le rôle de votre capacité de gestion
Quand les projets se multiplient, la coordination peut devenir un frein aux marges et aux délais. Comment distinguer un manque de ressources d’un problème de fonctionnement.

Héloîse Migneault
Directrice exécutive, Solutions Talent
Recrutement
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Votre carnet de commandes se remplit, mais les réunions de suivi deviennent plus longues. Les décisions attendent, les changements sont difficiles à retracer et les mêmes gestionnaires interviennent sur plusieurs dossiers urgents. L’entreprise a gagné du travail sans nécessairement gagner la capacité de le piloter. Pour un entrepreneur ou un promoteur, cette différence peut peser sur l’exécution des projets.
Il serait pourtant trop simple d’attribuer chaque écart à un manque de personnel. Un retard peut venir d’une livraison, d’une décision du client ou d’un problème technique. L’enjeu de direction consiste à déterminer ce que votre organisation pouvait anticiper, documenter et traiter, et ce qui échappait réellement à son contrôle.
La charge se mesure aussi en décisions simultanées
Un chargé de projet responsable de plusieurs dossiers peut sembler disponible si l’on compte seulement les réunions inscrites à son agenda. Sa charge réelle comprend aussi les validations, les relances et les arbitrages qui arrivent sans rendez-vous. Deux projets à une phase critique peuvent demander plus d’attention que plusieurs dossiers stabilisés.
Examinez la concentration de ces moments de décision. Qui doit répondre lorsqu’un changement affecte les coûts, les achats et l’échéancier en même temps ? Si une seule personne détient l’information ou l’autorité, les autres attendent. Cette dépendance peut devenir un frein bien avant que la taille de l’équipe paraisse insuffisante dans un organigramme.
Repérer où la coordination perd de sa valeur
Regardez quelques écarts récents sans chercher immédiatement un coupable. À quel moment l’information était-elle connue ? Qui devait agir ? Quel choix a été reporté ? Les personnes concernées avaient-elles une lecture commune du problème ? Ces questions permettent de distinguer un manque de suivi d’un manque de moyens ou d’une responsabilité mal définie.
Un suivi plus fréquent n’est pas toujours la solution. Si les réunions produisent une nouvelle liste de questions sans décision, ajouter des rencontres augmente la charge sans améliorer l’exécution. Il faut peut-être clarifier les autorisations, réorganiser les interfaces ou confier une responsabilité à une personne qui dispose du temps et de l’expérience nécessaires.
Ne pas chercher un chargé de projet pour résoudre tous les problèmes
Avant de créer un poste, précisez ce que vous souhaitez retirer de la charge actuelle. S’agit-il de coordination documentaire, d’achats, de suivi financier ou de pilotage complet ? Un profil senior affecté principalement à des tâches de soutien pourrait être mal utilisé. À l’inverse, un rôle de coordination ne devrait pas porter des arbitrages qui exigent une responsabilité de gestion.
La même logique vaut pour une direction de projets. Elle peut être pertinente lorsque plusieurs gestionnaires ont besoin d’un cadre commun et d’arbitrages transversaux. Mais si toutes les décisions continuent à remonter au dirigeant, le nouveau niveau risque d’ajouter une étape plutôt que de débloquer le fonctionnement. Le périmètre et l’autorité doivent évoluer ensemble.
Exemple fictif : un nouveau mandat au mauvais moment
Une entreprise obtient un projet intéressant pendant que deux gestionnaires terminent des livraisons exigeantes. Elle leur répartit le démarrage, en supposant que les anciens projets seront bientôt fermés. Les suivis résiduels persistent, les informations du nouveau dossier sont reprises partiellement et personne n’a une vue complète des engagements.
Le problème n’est pas seulement le nombre de projets. C’est la coexistence des phases et l’absence d’une prise en charge claire. Une meilleure décision peut être de renforcer l’équipe, de redistribuer le portefeuille ou d’organiser autrement la transition. Ce diagnostic devrait précéder la promesse de livraison au client, pas être déclenché uniquement lorsque les difficultés deviennent visibles.
Ce que la chasse de têtes spécialisée apporte au client
Kernel recherche des profils de bureau, de gestion et de direction dans l’écosystème du bâtiment. Pour un employeur, cette spécialisation permet d’aborder le recrutement à partir des responsabilités réellement exercées : contexte de projets, degré d’autonomie, interfaces et niveau de pilotage. L’approche directe ouvre aussi la discussion avec des professionnels qui ne répondent pas spontanément aux affichages.
L’évaluation peut compléter l’analyse du parcours en éclairant la manière de collaborer, les motivations ou le potentiel d’un candidat. Elle ne garantit pas une performance ni la rentabilité d’un projet. Elle apporte des éléments supplémentaires à une décision qui doit rester reliée au mandat et aux conditions dans lesquelles la personne travaillera.
Renforcer aussi les gestionnaires déjà présents
Si vos équipes disposent des connaissances techniques mais éprouvent des difficultés à déléguer, à communiquer ou à encadrer, recruter n’est pas nécessairement la seule réponse. Les services de formation et de coaching de Kernel peuvent soutenir le développement des gestionnaires. Le choix dépend de la nature du problème : capacité insuffisante, compétence à développer ou fonctionnement à clarifier.
Avant d’échanger avec Kernel, identifiez les décisions qui attendent et les responsabilités que vous voulez mieux couvrir. Vous pourrez alors discuter d’un besoin d’affaires précis. Le but n’est pas d’ajouter une personne à l’organigramme, mais de donner à vos projets une capacité de gestion cohérente avec les engagements que vous prenez.


