Soumissionner davantage ou mieux choisir : votre estimation soutient-elle vos marges ?
La capacité d’estimation influence les projets que vous poursuivez et les risques que vous acceptez. Comment identifier le renfort nécessaire sans confondre vitesse et qualité.

Mélissa Paquin
Directrice, Solutions Talent
Recrutement
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Une occasion de soumission arrive, puis une autre. Votre équipe veut répondre, les délais se rapprochent et la direction doit choisir où consacrer ses efforts. Dans cette situation, l’estimation n’est pas simplement un service qui produit des prix. Elle participe aux décisions commerciales de l’entreprise : quels projets poursuivre, à quelles conditions et avec quelles incertitudes.
Pour un entrepreneur général ou spécialisé au Québec, renforcer cette fonction peut donc avoir une portée plus large que déposer davantage de soumissions. Encore faut-il savoir ce qui limite réellement la capacité actuelle. Le besoin peut être un manque de temps, une expertise absente ou une difficulté à transmettre l’information aux opérations. Ces situations ne demandent pas toutes le même recrutement.
Le nombre de soumissions ne raconte pas toute l’histoire
Un volume élevé peut masquer des dossiers préparés sous forte pression ou des occasions poursuivies sans réelle sélection. À l’inverse, une équipe qui soumissionne moins peut consacrer davantage d’attention à des projets compatibles avec ses capacités. Aucun de ces constats ne suffit, à lui seul, pour conclure à une bonne performance.
Regardez ce que l’estimation permet à la direction de comprendre. Les principales hypothèses sont-elles explicites ? Les propositions de fournisseurs sont-elles comparables ? Les exclusions sont-elles connues avant le dépôt ? L’enjeu n’est pas d’éliminer toute incertitude, ce qui serait irréaliste, mais de savoir sur quelles bases l’entreprise s’engage.
Repérer une capacité devenue trop étroite
Certains signaux méritent une attention : des validations qui se concentrent à la dernière minute, une seule personne capable de reprendre un dossier ou des projets abandonnés faute de temps pour les analyser. Il faut aussi regarder la dépendance à la direction. Si le dirigeant doit reconstruire chaque raisonnement avant de décider, la fonction ne lui fournit peut-être pas le niveau d’autonomie attendu.
Documentez quelques dossiers récents. Où le temps a-t-il été consommé ? Quelles informations manquaient ? Quels choix ont été reportés ? Cette lecture permet d’éviter une conclusion trop rapide. Ajouter un estimateur ne résoudra pas automatiquement des documents mal organisés ou l’absence de critères pour sélectionner les occasions pertinentes.
Choisir le bon niveau de renfort
Si la méthode est solide mais la charge dépasse la capacité, un renfort d’exécution peut être approprié. Si les projets deviennent plus complexes ou différents, l’entreprise peut avoir besoin d’une expérience spécifique. Si plusieurs personnes travaillent sans cadre commun, le besoin peut porter sur une responsabilité de coordination ou de direction de l’estimation.
Ces niveaux ne sont pas interchangeables. Un profil expérimenté ne devrait pas être recruté avec l’attente implicite de corriger tous les processus sans disposer d’autorité. Inversement, un poste plus junior peut contribuer utilement si l’encadrement existe. Le mandat doit relier l’expérience recherchée aux décisions que la personne devra réellement assumer.
Exemple fictif : entrer dans un nouveau type de projets
Une entreprise habituée à des travaux récurrents veut poursuivre des projets de rénovation plus complexes. Elle possède une bonne connaissance de ses coûts habituels, mais les nouvelles occasions comportent davantage d’inconnues et d’interfaces. La question n’est pas simplement de demander à l’équipe de préparer plus de prix dans le même délai.
La direction doit déterminer si elle dispose de l’expérience et du temps nécessaires pour analyser ces risques. Une compétence complémentaire peut être requise. Elle peut aussi décider de limiter temporairement les projets poursuivis. Le recrutement devient alors un moyen de soutenir une décision commerciale définie, plutôt qu’une réaction générale à la pression.
La valeur se prolonge après l’obtention du contrat
Une estimation utile doit pouvoir être reprise par ceux qui réaliseront le projet. Si les opérations découvrent tard les hypothèses ou les exclusions, elles doivent reconstruire le dossier pendant l’exécution. La qualité du transfert mérite donc de faire partie du besoin, même si le poste est principalement associé à la préparation des soumissions.
Cela ne signifie pas attribuer à l’estimateur tous les écarts futurs. Il faut distinguer ce qui était connu au dépôt, ce qui a changé et ce qui relève de l’exécution. Une collaboration structurée entre estimation et opérations aide la direction à comprendre ces différences et à tirer des enseignements des dossiers terminés.
Comment Kernel peut aider à renforcer cette fonction
La chasse de têtes spécialisée de Kernel permet de rechercher des professionnels dont le parcours correspond au type de responsabilités et à l’environnement de votre entreprise. L’approche directe peut notamment rejoindre des personnes déjà en poste, qui ne figurent pas parmi les candidatures reçues à un affichage.
Les services d’évaluation peuvent compléter l’analyse du parcours sur des dimensions comme les comportements et les motivations. Ils ne remplacent pas la validation des compétences techniques. Si votre enjeu concerne aussi l’encadrement d’une équipe ou la collaboration entre gestionnaires, la formation et le coaching constituent d’autres services à considérer selon le besoin.
Avant de lancer une recherche, précisez les projets que vous souhaitez pouvoir poursuivre et les décisions que votre estimation doit mieux soutenir. Cette discussion donne un sens au recrutement. Il ne s’agit pas seulement d’accélérer la production de prix, mais de renforcer la capacité de l’entreprise à choisir et à prendre ses engagements avec une information plus claire.


